Le D+ : au coeur du trail
Le dénivelé positif est l'essence même du trail running. Chaque mètre gagné en altitude coûte cher à l'organisme : comptez environ 1 kcal par kilogramme de poids corporel pour 100 m de D+. Le coût cardiovasculaire est considérable, avec une fréquence cardiaque qui atteint facilement 85 à 90 % de la FC max même en marchant.
Bien gérer les montées, c'est la clé pour performer en trail sans exploser en cours de route.
Courir ou marcher : le bon choix selon la pente
La question revient sans cesse : faut-il courir ou marcher en montée ? La réponse dépend de la pente.
- Pente inférieure à 15-20 % : la course reste généralement plus efficace que la marche, à condition de raccourcir la foulée et de maintenir une cadence élevée.
- Pente supérieure à 20-25 % : même les élites passent en marche active. Le coût énergétique de la course devient disproportionné par rapport au gain de vitesse.
Une marche active à 5-6 km/h sur une pente raide est une allure tout à fait honorable. Ne culpabilisez pas de marcher : c'est un choix tactique intelligent.
Technique de montée à pied
Posture
Inclinez le buste légèrement vers l'avant au niveau des hanches, pas des épaules. L'objectif est de placer votre centre de gravité au-dessus de l'appui sans comprimer le diaphragme.
Foulée
Adoptez une foulée courte avec un contact mid-foot. Les grands pas en montée gaspillent de l'énergie et surchargent les quadriceps.
Bras
Les bras doivent être actifs, coudes fléchis à 90 degrés. Ils accompagnent le mouvement et participent à la propulsion. En marche raide, posez les mains sur les cuisses pour aider la poussée.
Respiration
Adoptez un rythme respiratoire régulier : 2-2 (2 pas inspiration, 2 pas expiration) ou 3-3 selon l'intensité. Une respiration contrôlée évite l'hyperventilation et stabilise la fréquence cardiaque.
Les bâtons : un allié stratégique
Pourquoi sont-ils efficaces ?
Les bâtons permettent de répartir l'effort entre les membres supérieurs et inférieurs. Ils procurent un gain estimé entre 5 et 15 % en montée en soulageant les quadriceps et en améliorant la stabilité.
Technique d'utilisation
Deux techniques principales :
- Planté arrière synchronisé : chaque bâton est planté en alternance avec la jambe opposée, comme en marche nordique. Idéal pour les montées régulières.
- Double planté : les deux bâtons sont plantés simultanément, puis vous avancez les jambes. Plus puissant sur les pentes très raides.
Quand les utiliser ?
- OUI : montées longues, descentes techniques, ultra-trails.
- NON : montées courtes et explosives, terrains nécessitant les mains, courses courtes où le poids supplémentaire n'est pas justifié.
Entraînement spécifique en côtes
Côtes courtes : puissance (30 sec à 2 min)
Réalisez 10 x 1 min en côte à haute intensité avec récupération en descente trottée. Ce type de séance développe la puissance musculaire et la capacité à relancer en montée.
Côtes moyennes : endurance spécifique (5 à 15 min)
Enchaînez 4 x 8 min sur une montée soutenue à allure trail. Récupération de 3 à 4 minutes. Ce travail cible l'endurance musculaire et cardiovasculaire spécifique au D+.
Ascensions longues : gestion de l'effort (30 min à plusieurs heures)
Planifiez des sorties avec 1 000 à 1 500 m de D+ en continu pour apprendre à gérer votre effort sur la durée. L'objectif est la régularité, pas la vitesse.
Alternatives sans montagne
Si vous n'avez pas accès à des dénivelés importants, utilisez des escaliers ou un tapis de course incliné. Montez l'inclinaison à 15-20 % pour simuler les pentes de trail.
Renforcement musculaire ciblé
Les muscles clés
La montée sollicite principalement les quadriceps, fessiers, mollets et les muscles du gainage. Un renforcement ciblé de ces groupes améliore directement vos performances en D+.
Exercices essentiels
- Squats bulgares : excellent pour la force unilatérale des quadriceps et fessiers.
- Fentes avant et arrière : reproduisent le schéma moteur de la montée.
- Step-ups lestés : très spécifiques au geste de la montée.
- Ponts fessiers : renforcent l'extension de hanche, moteur principal de la montée.
- Montées sur pointes : ciblent les mollets, essentiels pour la propulsion.
L'importance du travail unilatéral
En trail, chaque appui est un mouvement unilatéral. Privilégiez les exercices sur une jambe pour corriger les déséquilibres et renforcer la stabilité articulaire.
Gestion de l'effort en montée
Fréquence cardiaque soutenable
En ultra-trail, maintenez votre FC en montée en dessous de 80-85 % de la FC max. Dépasser ce seuil de manière prolongée entraîne une dette en oxygène qui se paiera cher dans la suite de la course.
L'erreur classique
Partir trop vite en début de montée est l'erreur la plus fréquente. Le scénario typique : vous vous sentez bien, vous accélérez, et vous explosez avant le sommet. Le résultat : une longue récupération en haut et un temps global plus lent.
La régularité paie
Un effort constant produit toujours un meilleur temps qu'une alternance d'accélérations et de pauses. Visez une intensité perçue stable tout au long de la montée, quitte à paraître lent au départ. Vous doublerez ceux qui sont partis trop vite dans la seconde moitié de l'ascension.
Courez plus loin, sans vous blesser.
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