Au-delà des macronutriments (glucides, protéines, lipides), trois micronutriments méritent une attention particulière chez le coureur : le fer, le magnésium et la vitamine D. Leurs carences, souvent silencieuses, peuvent impacter lourdement la performance et la santé.

Le fer : le transporteur d'oxygène

Rôle

Le fer est un composant essentiel de l'hémoglobine (transport de l'oxygène dans le sang) et de la myoglobine (stockage de l'oxygène dans les muscles). Il intervient également dans la production d'énergie cellulaire. Un déficit en fer réduit directement la capacité de transport de l'oxygène et donc la performance aérobie.

Pourquoi les coureurs sont à risque

Les coureurs perdent davantage de fer que la population générale par plusieurs mécanismes :

Signes de carence

Fatigue inexpliquée, essoufflement disproportionné à l'effort, baisse de performance progressive, pâleur, fréquence cardiaque de repos élevée, infections à répétition, frilosité.

Diagnostic

Le bilan sanguin doit inclure la ferritine sérique, marqueur des réserves en fer. Chez le coureur, l'objectif est de maintenir une ferritine supérieure à 50-70 microgrammes par litre, bien au-delà du seuil de carence classique (15 microgrammes par litre).

Sources alimentaires

Optimiser l'absorption

Associez les sources de fer non héminique avec de la vitamine C (citron, poivron, kiwi) pour multiplier l'absorption par 2 à 3. Évitez de consommer thé, café ou produits laitiers au même repas, car ils inhibent l'absorption du fer.

Supplémentation

La supplémentation en fer ne doit se faire que sur avis médical, après confirmation biologique d'un déficit. Un excès de fer est toxique (stress oxydatif, dommages hépatiques). Les formes bisglycinate de fer sont mieux tolérées au niveau digestif.

Le magnésium : le minéral de l'énergie

Rôle

Le magnésium intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques, notamment la production d'ATP (énergie cellulaire), la contraction et la relaxation musculaire, la transmission nerveuse et la synthèse protéique. C'est un minéral fondamental pour le sportif.

Pourquoi les coureurs sont à risque

Les études estiment que 70 à 80 % des coureurs présentent des apports insuffisants en magnésium. Les pertes sont augmentées par la sueur, le stress oxydatif lié à l'effort et l'excrétion urinaire accrue pendant l'exercice.

Signes de carence

Crampes et contractures musculaires, fatigue, irritabilité, troubles du sommeil, paupières qui tremblent, récupération ralentie, anxiété.

Sources alimentaires

Supplémentation

En cas de déficit avéré ou de symptômes évocateurs, une supplémentation de 300 à 400 mg par jour est recommandée. Privilégiez les formes bisglycinate ou citrate de magnésium, mieux absorbées et mieux tolérées que l'oxyde de magnésium. Prenez-le de préférence le soir, car il favorise la relaxation et le sommeil.

La vitamine D : le pilier osseux et immunitaire

Rôle

La vitamine D régule l'absorption du calcium et la minéralisation osseuse, module la fonction musculaire (force et contraction) et joue un rôle clé dans l'immunité. Un déficit en vitamine D augmente le risque de fractures de fatigue, de faiblesse musculaire et d'infections respiratoires.

Carences fréquentes

En France, environ 80 % de la population est carencée en vitamine D pendant les mois d'hiver (octobre à mars), en raison de l'insuffisance d'ensoleillement. Les coureurs qui s'entraînent principalement en intérieur ou très tôt le matin sont particulièrement exposés.

Diagnostic

Le dosage de la 25-hydroxyvitamine D (25-OH-D) dans le sang est l'examen de référence. L'objectif pour le sportif est d'atteindre un taux entre 30 et 60 ng/mL (75 à 150 nmol/L), considéré comme optimal pour la performance et la santé osseuse.

Sources alimentaires

Les sources alimentaires de vitamine D sont insuffisantes pour couvrir les besoins à elles seules : poissons gras (saumon, sardines, maquereau), jaune d'oeuf, foie de morue. L'exposition solaire (15 à 20 minutes par jour, bras et jambes découverts) est la principale source naturelle, mais reste insuffisante en hiver sous nos latitudes.

Supplémentation

Une supplémentation en vitamine D3 (cholécalciférol) est recommandée, à raison de 1 000 à 4 000 UI par jour, ajustée selon le taux sanguin. Prenez-la avec un repas contenant des graisses pour optimiser l'absorption (la vitamine D est liposoluble). Les doses journalières sont préférées aux ampoules à forte dose espacées.

Bilans recommandés

Un bilan sanguin annuel est recommandé pour tout coureur régulier, idéalement en fin d'hiver (mars-avril) et en fin d'été (septembre-octobre) pour surveiller les variations saisonnières. Le bilan minimal doit inclure :

Ces dosages permettent de détecter les carences avant qu'elles n'affectent la performance et d'adapter la nutrition ou la supplémentation de manière personnalisée. Discutez des résultats avec votre médecin du sport ou un professionnel formé en micronutrition.

JQ
Johan QuintardKinésithérapeute du sport · Coach running & trail · LP Micronutrition · IRONMAN Full & 70.3

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